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DE PAPIERSCHEPPER

De ambachter - Ep. 8 - De papierschepper - In 'De ambachter' volgen we mensen die als job of hobby een ambacht uitoefenen. In deze aflevering gaan we op bezoek bij papierschepper Piet Moerman.

Transciptie 

00:02 – 00:11
Dans l’émission intitulée «L’Artisan», nous vous emmenons dans l’atelier d’un artisan ou d’une artisane. Dans cet épisode, nous verrons à l’œuvre l’artisan papetier Piet Moerman.


00:22 – 00:50


Man 1
Je m’appelle Piet Moerman et j’exerce le métier d’artisan papetier à Brugge. J’ai entrepris des études dans les arts graphiques à Gand, il y a environ 25 ou 26 ans. C’était l’époque où une partie du processus était déjà automatisée. En d’autres termes, au lieu de saisir caractère par caractère, on utilisait une photocomposeuse pour composer les caractères. Et peut être qu’à l’époque, j’avais déjà compris que la papeterie et l’imprimerie artisanales étaient vouées à disparaître tôt ou tard.
01:00 – 01:54


Man 1
Il y a 15 ans, je me suis rendu à Redu avec mon frère, mes parents et mes deux sœurs. Et là, j’ai rencontré un artisan papetier. Si je me souviens bien, il s’appelait Colpin. Et j’ai été tellement marqué, voire même imprégné, que j’ai voulu m’y essayer dans une remise qui se trouve à l’arrière de ma maison. Ensuite, on s’est renseigné précisément sur le processus de fabrication du papier: la forme, le moulin à eau, comment fabriquer la pulpe, quelle matière utilise-t-on pour faire du papier... Je l’avais bien étudié durant mes études, mais tout cela paraissait si théorique. À l‘époque j’avais déjà eu envie d’essayer et de mettre en pratique toutes ces théories. Et, cette activité qui n’était au départ qu’un passe-temps s’est développée en quelque chose de beaucoup plus sérieux. Finalement, nous occupons depuis dix ans un bâtiment situé à 5 mètres de mon domicile et qui est dédié à cette activité : la papeterie à Brugge.
02:00 – 02:13


Man 1
Dans la papeterie, nous fabriquons du papier pour en faire des cartes de vœux et nous donnons aussi des démonstrations pour des groupes et de temps en temps pour des écoles dont les enfants peuvent ensuite fabriquer leur propre papier.
02:21 – 03:05


Man 1
Aujourd’hui, nous allons vous montrer comment nous obtenons cette carte calligraphiée que nous fabriquons manuellement. La pulpe de papier constitue toujours le point de départ. Mais comment fabrique-t-on de la pulpe de papier ? On utilise un type de fibre. Nous commençons avec du coton, le coton pur est moulu jusqu’à obtenir de la pulpe de papier. Cette pulpe de papier est puisée au moyen d’une forme spéciale qui transmet au papier ses propres caractéristiques. Le papier est levé, couché, pressé et séché. Par après, il est de nouveau pressé, on crée une composition calligraphique et on imprime ensuite les cartes sur une presse à platine. C’est ainsi que nous obtenons ce résultat.
03:09 – 05:16


Man 1
On me demande parfois quelle matière première est utilisée pour fabriquer du papier. Et tout le monde est persuadé que le papier est fabriqué avec du bois. Aujourd’hui, nous n’allons pas créer du papier avec du bois, mais nous allons utiliser du coton pour fabriquer du papier. En fait, le coton est la fibre qui convient le mieux pour fabriquer du papier, car la partie externe de la fibre contient beaucoup de cellulose. Mais qu’est donc la cellulose? La cellulose est la substance qui permet à une plante ou un arbuste de pousser. La cellulose se trouve à l’extérieur de la fibre. Imaginez que vous décomposez une plante. À l’extérieur, vous trouvez des monomères qui sont reliés entre eux et qui forment des polymères. Toutes ces chaînes de polymères forment en fait de petites fibrilles et ces fibrilles sont en quelque sorte comparables à de petits cils qui recouvrent la paroi externe des fibres. Ces petits cils permettront ultérieurement aux fibres du papier de se solidariser. Cela signifie donc que la fibre ne peut pas être découpée. Voici des rubans de coton que j’achète. L’objectif est de détacher délicatement les fibres de manière à ce que les fibrilles se redressent. Je vais à présent faire ce que je ne peux pas faire. En somme, quand je coupe, je rompt la fibre. Lorsque je sépare délicatement la fibre, je conserve les fibrilles qui recouvrent les fibres. C’est cela que je dois conserver en fait. La cellulose qui se trouve à l’extérieur permet à la fibre de rester unie, sans colle. Et quand je dis sans colle, cela signifie que le papier est durable.

Je peux difficilement passer ma journée à arracher la matière pour séparer les fibres. Le première étape est de placer ce morceau dans une pile hollandaise. Pourquoi appelle-t-on cet appareil une pile hollandaise, tout simplement parce-que c’est un hollandais qui a eu l’idée de s’y prendre de la sorte. Auparavant, il s’agissait d’une cuve en bois, mais de nos jours, elle est en métal. Cet appareil-ci est en fait un modèle de laboratoire que j’ai acheté à une usine qui fabrique du papier. Donc, normalement, une pile hollandaise est bien plus grande.
05:19 – 06:41


Man 1
On remplit la pile hollandaise d’eau.

À présent, je vais brancher la pile hollandaise. Les lames commenceront à tourner et je vais ensuite les rapprocher. Puis, je vais ajouter le coton et les fibres vont se libérer. C’est ce qu’on appelle la fibrillation. Les lames tournent d’abord sans se rejoindre. Ensuite, les lames du bas sont poussées contre les lames en rotation de façon à ce qu’on entende un grincement et que les fibres se libèrent. Donc lorsqu’on tourne ceci vers le bas, les contrepoids produisent leur effet et les lames sont en fait poussées contre les autres lames. C’est donc le poids qui détermine la pression exercée sur ces lames. Nous pouvons aussi déterminer la longueur des fibres de deux manières différentes: la durée de fonctionnement de la pile hollandaise et la pression exercée sur ces lames. Et la longueur de la fibre est importante pour l’écriture. C’est une des propriétés du papier. En général, le papier passe entre une heure et heure et demie dans la pile hollandaise. La plupart du temps, lorsque j’allume la pile, je quitte la pièce, car cette opération est très bruyante. Les deux lames sont donc effectivement pressées l’une contre l’autre et cela produit un bruit très désagréable. Je vais donc laisser la pile hollandaise faire son travail.
07:02 – 07:06


Man 1
Je vais à présent retirer le bouchon et la pulpe va s’écouler dans le seau.
07:28 – 08:25


Man 1
Donc la pulpe qui sort de la pile hollandaise va être versée dans la cuve. Vous pouvez constater qu’il n’y a que peu d’eau. La cellulose relie les fibres entre elles. Si nous devions puiser du papier dans cette pulpe, nous obtiendrions un papier très irrégulier. Comme vous le voyez, les proportions dans cette cuve sont très différents. Les fibres sont complètement détachées les unes des autres. Ce n’est qu’une fois que toutes les fibres sont défaites que l’on peut commencer à puiser le papier. Les proportions sont ici de 95 % d’eau et de 5 % de fibres. On ajoute à présent les fibres. Ensuite, on mélange bien jusqu’à ce que la pulpe forme une substance homogène et que la quantité de fibres soit partout la même. Avant, on mélangeait avec un bâton, mais cela prend un certain temps. C’est pour cette raison que nous utilisons une petite machine de nos jours. Nous allons donc bien mélanger la substance ou la pulpe de papier.
08:37 – 11:28


Man 1
Nous pouvons maintenant commencer à puiser du papier. Nous n’utilisons pas un tamis, mais bien une forme. La forme que j’utilise a été fabriquée en Suisse. En quoi consiste cette forme? Il s’agit en fait d’un grand nombre de fils de cuivre qui sont tous placés à la même distance les uns des autres. Le but est de puiser et de laisser l’eau s’égoutter tout en laissant les fibres se déposer. Ces petits fils de cuivre sont tous espacés identiquement par un fil de zinc qui a été régulièrement noué. Bon, cette structure est assez grossière et nous allons donc voir cette structure sur la face du papier qui se trouvait contre le tamis. C’est ce qu’on appelle du papier «vergé».

Ceci formera le filigrane du papier. C’est en fait mon propre nom qui apparaît dans chaque carte. Imaginons que je puise du papier ici, et bien la pulpe s’écoulerait du tamis. Il me faut encore quelque chose qui puisse retenir la pulpe. C’est ce qu’on appelle la couverte de la forme. La couverte détermine en fait le bord du papier ainsi que son format. Donc lorsque je vais puiser, je vais puiser un format A3. La forme descend complètement à la verticale dans la cuve. Je vais maintenant répartir la fibre, harmonieusement, donc en effectuant ces deux mouvements horizontaux. Une fois que la plus grande partie de l’eau s’est égouttée, on peut retirer la couverte, car les fibres sont déjà reliées entre elles. En quelque sorte, les fibrilles se fixent les unes aux autres et forment une feuille de papier. Et ce geste s’appelle le couchage. Ce terme vient de la langue française, car le papier est arrivé en Belgique par l’intermédiaire de la France. «Se coucher», c’est-à-dire «aller dormir». On presse un peu et la forme peut être retirée. Ainsi on voit très bien la structure de la forme. Les fils de cuivre dans ce sens et le zinc dans l’autre. On remarque aussi le filigrane qui pour l’instant ne forme qu’un petit trou. Mais tout à l’heure, lorsque nous aurons pressé le papier au moyen de cette presse de 40 tonnes, il aura partout la même épaisseur; mais à cet endroit, la densité, donc la quantité de fibres, est nettement moins élevée et le papier y sera translucide. Cette forme est assez grossière. On peut voir les détails du dessin dans le papier. Dans le temps, les gens trouvaient que cette structure n’était pas très jolie et la face qui se trouvait du côté du tamis constituait le verso du papier. C’était donc la face arrière du papier ou l’envers du papier. Ensuite, les gens on trouvé cela de nouveau assez beau et la face qui se trouvait du côté du tamis et qui présentait donc cette structure vergée fut de nouveau utilisée pour le recto.
11:33 – 11:52


Man 1
Vous voyez bien la différence: lorsque je ne secoue pas, la disposition des fibres est assez irrégulière; alors que les fibres se répartissent bien lorsque je secoue. Si je devais retirer la couverte trop rapidement, la pulpe s’écoulerait bien entendu. Et nous pouvons également coucher cette feuille sur le feutre.
11:57 – 12:28


Man 1
Ce qui est très important lorsqu’on fabrique du papier artisanalement, c’est de former une bordure lors du puisage. Toutes les cartes que l’on fabrique sont pourvues d’une bordure qui se forme lors du puisage. Je ne peux pas découper ma feuille au format A3 en petites cartes au format A6, en petites cartes de vœux, car j’aurais de ce côté-ci cette bordure formée lors du puisage et de l’autre côté une bordure droite. Donc le papier ou les cartes doivent être puisées au format final. Et pour cela, il existe une autre couverte; cette couverte-ci. J’obtiendrai donc une bordure sur l’ensemble du pourtour.
12:37 – 13:15


Man 1
Je peux déposer un autre feutre sur cette pile et, de la sorte, je vais former une pile composée d’un grand nombre de feuilles que je vais presser ensuite. L’eau est partie, je peux retirer la couverte et je peux coucher le papier. Donc le papier sera moins épais, mais à ce stade, il contient encore beaucoup d’eau. En regardant de plus près, on voit que l’épaisseur est de 2 à 3 mm ; après le pressage, elle sera de moins d’1 mm. Il y a encore beaucoup d’eau qui va s’écouler pendant le couchage et le pressage du papier.
13:31 – 14:44


Man 1
Ainsi, couche après couche, nous allons déposer les feutres en y intercalant les feuilles de papier. Donc sur la dernière couche je dépose encore un feutre et puis une planche, et le papier peut être placé sur la presse. À présent, je peux commencer à tourner pour exercer une pression. En principe, on n’abîmera pas le papier et on ne pourra pas faire disparaître le filigrane sous le pression. Donc j’augmente à chaque fois la pression, et, lorsque la pression est maximale, elle correspond à une charge de 40 tonnes par centimètre carré. Donc plus la pression que j’exerce sera forte et moins long sera le temps de séchage. Vous comprenez pourquoi j’ai résilié mon abonnement au club de fitness. Je vais à présent dévisser la presse. C’est exactement le même mouvement, mais dans l’autre sens, naturellement.
14:50 – 14:54


Man 1
Et contrairement à tout à l’heure, vous pouvez constater que les feuilles sont très fines maintenant.
15:07 – 15:20


Man 1
Après le pressage, les feuillets, ou plutôt les feuilles, sont suspendues une à une pour les faire sécher. Et cela réclame en fait beaucoup plus de travail que la fabrication à proprement parler.
15:32 – 15:47


Man 1
Si on devait suspendre les feuilles sur une corde à linge, le papier formerait un pli que l’on ne pourrait plus jamais enlever. D’où la forme légèrement arquée des supports sur lesquels le papier est suspendu à présent.
15:56 – 16:15


Man 1
L’opération inverse a lieu après le séchage, après 1 à 2 jours. Les feuilles sont complètement courbées, mais elles vont passer sous la presse. Je vais les courber dans l’autre sens. On pourrait penser que ce n’est plus récupérable et pourtant elles seront de retour complètement plates.
16:34 – 18:20


Man 1
Je serre de nouveau la presse en tournant. Je vais presser le papier jusqu’à ce qu’il soit complètement plat. Après quelques semaines, la presse a complètement aplati le papier et le voilà prêt pour l’impression. Les feuillets sont rangés par paquets de 10 et la structure de ces feuillets sera différente si le feuillet se trouvait contre le bois ou s’il se trouvait au sein du paquet. Donc le grammage et la structure diffèrent d’un feuillet à l’autre. Le filigrane n’a pas disparu et vous pouvez encore voir clairement qu’il y a moins de fibres. Donc, à cet endroit, le papier est translucide. Sur ce papier vierge, je vais imprimer une composition conçue par un calligraphe. Je vais me servir de cette composition pour faire un cliché et le cliché est en fait l’image inverse de la composition. Pourquoi une image inverse? Parce qu’en fait, dans cette presse, le papier entre en contact avec le cliché qui doit être imprimé par un effet de miroir. Il s’agit en fait du procédé d’impression typographique, le principe du tampon. Les parties en relief sont recouvertes d’encre et sont imprimées sur le papier. En faisant ce mouvement avec le pied, la presse s’ouvre et se ferme selon le principe du papillon. Cette presse porte le nom de presse à platine. Tant la forme que le papier sont pressés l’un contre l’autre. C’est en fait la seule manière possible d’imprimer du papier fabriqué manuellement. Il ne peut jamais être inséré dans une imprimante, car elle bloquerait. Maintenant, je dois bien répartir l’encre.
18:42 – 18:53


Man 1
Je vais faire cela plusieurs fois de manière à bien répartir l’encre sur le rouleau.

-Je ne sais pas combien il y en a déjà.-
19:28 – 19:38


Man 1
La carte conçue manuellement et pourvue de son filigrane est complètement terminée à présent. Je vais encore y inscrire un message très personnel à votre attention.

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